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Châteauneuf

Maltaverne vers 1930

Nous avons rencontré Mme Rosa LAPIERRE, une des doyennes de la commune. Avec sa vivacité coutumière, elle a répondu à nos questions concernant l’aspect du village de Maltaverne vers 1920-1930.

Qu’est-ce qui caractérisait le village à cette épque ?

C’était à coup sûr le nombre de commerçants et d’artisans, au moins entre quinze ou vingt, si je me souviens bien !

Il y avait deux forgerons charrons (Jean Sulpice-Auguste Charrot maréchal ferrand (Charles CHARROT) ; c'est-à-dire l’importance de la fabrication et de la réparation des outils agricoles.

Pour le travail du bois, on trouvait deux menuiseries : l’une par mon beau père Louis Lapierre, l’autre par Lourent Fournier.
Souvent les gens apportaient le bois coupé par eux-mêmes dans leur propriété pour diminuer le prix du meuble.

Un cordonnier travaillait le cuir (M. Minet), faisait des souliers et bien sûr les réparait.

Mon père était sabotier. Combien de fois, je l’ai vu dans son atelier coupant, creusant, rabotant un morceau de bois. Depuis le tronc d’arbre jusqu’à la finition par le client le travail était entièrement fait à la main.

Pouvait-on aussi s’habiller sur place ?

Bien sûr. Même des pieds jusqu’à la tête !

Il y avait un atelier de fabrication de chapeaux (M. Floret), ce qui paraît incroyable aujourd’hui. Un tailleur pour homme (Joseph Lapierre) était installé en plein centre du village en face de la boulangerie actuelle. Moi-même, j’ai exercé, toute ma vie, la profession de couturière.

Alors parlez nous en…

J’ai appris le métier chez ma cousine Jeanne Gallice au village de Colovron. J’avais un tel travail que je devais souvent travailler la nuit. J’ai eu pendant quelques années jusqu’à 3 ou 4 apprenties. Le travail ne manquait pas aussi bien pour les vêtements courants que pour les habits de fête.

Pour un mariage, avec la robe de la mariée, celles des demoiselles d’honneur, de la famille, c’était des jours et des jours de travail car les gens n’allaient pas à la ville pour s’habiller. On faisait tout faire par la couturière.

J’ai pu ainsi, ayant été veuve très tôt, élever mes enfants avec également l’apport d’un petit élevage.

Y avait-il à Maltaverne des familles de paysans ?

Mais oui, les artisans et commerçants faisaient toujours un peu d’élevage et cultivaient. On vivait d’abord avec ce qu’on produisait.

Mais il y avait aussi à Maltaverne deux épiceries (Mathilde Faisan-Eugène Martin), un bureau de tabac qui faisait épicerie (Marie Bétain) et une boulangerie (Jean Bétain).

Ces commerces servaient pour tous les villages. Maltaverne était vraiment le chef lieu, tant pour le nombre d’habitants que par l’activité liée aux commerces.

Sans oublier les cafés !

J’ai connu 3 cafés dans le village : celui tenu par ma belle-mère (Céline Lapierre), celui de Jules Martin et bien sûr le café des demoiselles Faisan (Les « grandes » comme on les surnommait) dans un grand bâtiment à l’emplacement de la place actuelle. Il était fréquenté le soir par les jeunes et le dimanche par les plus âgés qui venaient jouer aux cartes. Pendant très longtemps, il a été le cœur de la commune.

On comprend que tous ces commerces et ateliers engendraient une grande activité

Bien sûr et il ne faut pas oublier la fruitière au bout du village en direction de Coise, où matin et soir, les gens portaient le lait. Si l’on y ajoute les va-et-vient fréquents pour aller chercher l’eau aux deux fontaines ! l’une vers la fruitière et l’autre plus près du centre du village, on imagine bien l’animation.

De même, les soirs du printemps à l’automne, c’était une vie incessante sur les pas de porte des maisons où tout le monde discutait jusqu’à la nuit.

Mais ce n’est pas tout à Maltaverne…

Il y avait aussi le cabinet de maître Carcet avocat dans un bâtiment en face de la mairie actuelle. C’était aussi le lieu de résidence de la famille Balmain (actuellement famille Guyot) dans l’imposante habitation au centre du village.

Avez-vous d’autres souvenirs sur les années 1920-1930 ?

Je me souviens de l’arrivée de la première automobile achetée par Joseph Lapierre, le tailleur, bientôt suivi par la famille Faisan.

L’électricité a été installée vers 1924-1925. On a remplacé dans chaque famille la lampe à pétrole.

L’eau courante est apparue plus tard puisque c’est en 1936 que l’on a construit le réseau actuel.

J’espère que ces quelques souvenirs intéresseront les habitants d’aujourd’hui qui seront peut être surpris d’imaginer leur village, il y a 75 ans.

Extrait du Bulletin municipal de janvier 1997


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